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Le Boulet (2002)

Un gros navet de temps en temps, ça ne fait pas de mal. Le titre du film parle de lui-même... On ne s'attend pas à un chef d'oeuvre, surtout quand c'est co-réalisé par Alain Berbérian.

Bref, en résumé, il s'agit d'une grosse comédie poilarde à la française où ça en fait des tonnes en castagne, en grimaces et hurlements, tout ça dans le désert africain. Les deux héros forment LE duo mal assorti à l'ancienne, la grosse brute et l'abruti froussard. Un hommage on dira, juste ça.

C'est donc l'histoire d'un grand caïd, Moltès (Gérard Lanvin, comme il faut), qui se la coule douce en prison. Malmené par un gardien zélé, Reggio (Benoît Poelvoorde, hystérique), ils finissent par s'accepter et ce dernier lui valide ses tickets de loto. Alors qu'il ne reste qu'un mois et demi à Moltès avant de sortir, il finit par gagner le gros lot. Sauf que Reggio vient de se disputer avec Pauline, sa femme (Rossy de Palma, caliente !), qui le quitte en partant bosser sur un rallye en Afrique en tant qu'infirmière. Reggio tente alors de se suicider. Furax de ne pas le voir revenir à la prison et croyant s'être fait doubler, Moltès s'enfuit et traque Reggio. Une fois retrouvé, ils vont devoir collaborer pour retrouver le ticket de loto que Reggio croit embarqué par sa femme en Afrique. Commence un long périple à travers le désert pour les deux hommes, pourchassés par la police et un tueur surnommé "Le Turc" (José Garcia, hystérique aussi) qui veut venger la mort de son frère, tué par Moltès...

Evidemment, le rythme ne faiblit jamais, avec des cascades et des effets spéciaux à gogo pour le côté action, et des gros gags qui tachent pour le côté humour. C'est pas fin, c'est pas subtil, c'est surtout machines à baffes et vulgarités qui sont au programme. Redoutable et efficace. Mais lassant, et cela, assez rapidement dans le film. Tout ce petit monde gesticule dans un décor en carton pâte qui vole en éclat à la moindre baston.

Le scénario n'est pas follement original mais on ne lui en demande pas plus en même temps. Et on retient un casting "prestigieux" (disons avec beaucoup de têtes connues, acteurs ou pas) qui tient finalement la route. Chacun respecte son registre : Lanvin le gros bras, Poelvoorde le ras du front et Garcia le chien fou. La mécanique fonctionne donc bien et on accorde ainsi un poil de crédit à cette grosse farce. Après, pour le reste, c'est badaboum pouet pouet, ça se regarde une fois et on jette.

 
Le Boulet - ma note pour ce film :
Réalisé par Alain Berbérian, Frédéric Forestier
Avec Gérard Lanvin, Benoît Poelvoorde, José Garcia, ...
Année de production : 2001
The Man who wasn't there (2001)

Les Frères Coen sont des types épatants, capables vraiment de tout mettre en scène. Dernièrement, je m'étais plaint de leurs dernières comédies ("Intolérable Cruauté", "Burn after reading"), sympathiques mais un peu faciles.

Là, je suis obligé de m'incliner devant tant de beauté. Point de comédie ici, juste un film noir, bourré de références, mais tellement profond qu'il est difficile de ne pas être conquis. D'abord, histoire de se mettre dans l'ambiance, c'est tourné dans un noir et blanc fumeux, digne des plus grands films de l'âge d'or hollywoodien. Ensuite, les comédiens, et surtout les hommes, ont tous des belles gueules d'antant, en premier lieu Billy Bob Thornton et sa voix grave et rocailleuse qui sert également de voix off, un procédé qui lui aussi fait mouche.

Ce dernier est le héros malheureux mais fataliste de ce film, Ed Crane, simple barbier de Santa Rosa en Californie, en 1949. Il s'est marié à Doris, la soeur de son patron et collègue bavard, mais on ne peut pas dire que leur couple en mène large. Il la soupçonne fortement de le tromper avec son patron à elle, un type qui possède des centres commerciaux. Alors quand un petit gros à perruque assez louche vient lui raconter qu'il a besoin de 10 000 $ pour développer un business de nettoyage à sec, Ed Crane, qui rêve intérieurement de s'échapper de son salon, tombe dans le panneau. Il fait chanter le patron de sa femme qui découvre les manigances d'Ed et tente de le tuer. Sauf que c'est Ed qui tue le patron. Mais c'est Doris qui est accusée du meurtre ! Mise en prison, Ed, qui éprouve tout de même du remord, va lui prendre le meilleur avocat. Mais les rebondissements ne sont pas près de s'arrêter...

On ne va pas raconter tout le reste parce que c'est pas cool mais si le rythme est lent, il offre un certain nombre de retournements de situation très habiles. Ed Crane, c'est le genre de type tranquille, pas bavard pour un sou, qui va juste comprendre que changer son quotidien ne va lui attirer que des ennuis... Billy Bob Thornton est splendide dans ce rôle, mutique à souhait, avec une gueule parfaite, à la fois beau et charnel, qu'on sent tout d'un coup tout fébrile lorsque la petite "Birdy" lui fait du gringue. Il est parfait, tout comme le reste du casting. De Frances McDormand à James Gandolfini, le jeu est subtil et rondement mené.

Avec "The Man who wasn't there", les Frères Coen retrouvent la noirceur et l'humour noir qui va avec des grands polars du passé. C'est un hommage magnifiquement mis en scène, et qui évite toute caricature. On se prend immédiatement d'affection pour cet anti-héros, si simple et si complexe à la fois, qui nous emmène jusqu'au bout d'une aventure (car c'en est une malgré le peu d'action) qui ne pouvait le conduire qu'à cette fin tragique et finalement comique. Il finira comme sa femme, accusé d'un crime qu'il n'a pas commis, mais ce n'est que justice. Du grand art !

 
The Barber : l'homme qui n'était pas là - ma note pour ce film :
Réalisé par Joel Coen
Avec Billy Bob Thornton, Frances McDormand, James Gandolfini, ...
Année de production : 2001
The Virgin Suicides (2000)

On va y aller franchement. Je n'ai pas du tout aimé "The Virgin Suicides". En cinéma, j'ai rarement de grosses déceptions parce qu'en général, l'opinion que je peux me faire d'un film grâce aux critiques ou au bouche à oreille varie pas énormément après visionnage de l'oeuvre en question.

Ainsi, pour "The Virgin Suicides", qui n'a reçu quasiment que des éloges, je m'attendais à une plongée poético-mélancolique dans le monde des adolescent(e)s américains, un film qui propose un vrai point de vue d'auteur de cette période souvent mal appréciée par les adultes. Ce serait un teen movie sérieux quoi, mais, comme c'est Sofia Coppola, il serait emballé dans un cocon "merveilleux".

Mais non. Il y a bien une ébauche de tout ça mais ce que je retire de cette oeuvre, c'est une expérimentation vaporeuse et même ennuyeuse. Je n'ai absolument pas réussi à rentrer dans ce film qui prend plusieurs directions à la fois sans jamais établir de ligne fixe. L'atmosphère 70's est presque caricaturale puisque même la couleur du film est 70's (marron, orange) et on ne comprend pas vraiment où la réalisatrice veut en venir.

En effet, ce n'est même pas une question de générations. Si les petites soeurs Lisbon décident de mettre fin à leur vie, c'est plus pour échapper à un cadre familial ultra-catho et conservateur que parce que leur vie d'ado en général va mal. Qui Sofia Coppola veut-elle donc toucher ? Bon, il reste des familles puritaines de ce genre, mais après ? Alors parfois, la réalisatrice ajoute des éléments obligatoires : lycée, cours, bal de promo, petits camarades... Mais on a plus l'impression qu'elle le fait parce que sinon son film ne ressemblera vraiment à rien.

De plus, le casting est complètement hétéroclite. On ne sait pas vraiment quel âge ont les ados en question. Kirsten Dunst fait beaucoup plus vieille que les autres soeurs Lisbon. Elle se tape Josh Hartnett (doté d'une coiffure mythique, qu'on retrouve genre 30 après sans savoir pourquoi seulement lui et pas les autres) qui lui aussi est beaucoup plus vieux que les petits amoureux des soeurs qui ont l'air d'avoir 12 ans. Bref, c'est un mélange incohérent qui rend l'histoire encore moins crédible. On ne sait même pas à qui appartient la voix off du film qui serait celle de l'un des jeunes garçons.

Ainsi, je veux bien voir dans cette oeuvre une certaine beauté visuelle et sonore (ah Air...), un point de vue original sur l'adolescence, mais je n'y ai vu malheureusement aucun but, aucun message, et le tout est bien trop désordonné. Les idées fusent mais n'atteignent jamais leur cible. Il n'y a peut-être rien à comprendre mais dans ce cas, ce film n'a vraiment aucun intérêt. Heureusement que Sofia Coppola a fait "Lost in Translation" ensuite.

 
Virgin suicides
Réalisé par Sofia Coppola
Avec Kirsten Dunst, James Woods, Kathleen Turner, ...
Année de production : 1999
Thank you for smoking (2006)

Pour un premier film, Jason Reitman s'en sort remarquablement bien. Quand on sait qu'il a pondu "Juno" par la suite, on est en droit de se dire qu'on est tombé sur une valeur sûre.

Le fils du réalisateur de comédies (pas toujours très fines) Ivan Reitman a ainsi choisi pour débuter un thème tout à fait excellent : le lobbyisme, qu'on peut élargir au thème de la communication médiatique en général. C'est très américain mais cela s'est tellement répandu, et notamment chez nous avec la gouvernance de notre omniprésident, que ça touche le mille immédiatement.

C'est donc l'histoire de Nick Naylor, porte-parole des fabriquants de cigarettes aux Etats-Unis, qui passe son temps à démonter toutes les campagnes anti-cigarettes de l'administration américaine. Ses meilleurs amis bossent pour les lobbys de l'alcool et des armes. Naylor est le meilleur des communiquants grâce à sa belle gueule et sa tchatche sans pareille. Il provoque l'admiration de son fils qu'il va prendre sous son aile pour lui montrer un peu le métier. Quels que soient les bâtons qu'on essaye de lui mettre dans les roues, Nick Naylor atteint son but. Mais un jour, il va trop loin en couchant avec la journaliste chargé d'écrire un portrait de lui... Il lui dévoile de nombreux détails qui vont ternir sa réputation et celle de tous ses collaborateurs. Licencié, il saura malgré tout rebondir comme il faut...

Le lobby de la cigarette est un choix particulièrement bon puisque c'est une lutte sans fin qui oppose chantres de la santé et de la liberté. Tout peut être dit dessus, en bien comme en mal. Et on se régale de voir la multiplicté des formules et des techniques utilisées par Nick Naylor pour avoir le dernier mot face à ses adversaires. C'est vraiment très bien démontré et Aaron Eckhart, qui joue Naylor, est parfait pour le rôle. Le casting entier est d'ailleurs réussi même si on a encore un peu de mal à imaginer Katie Holmes en journaliste vamp avide de scoops.

Cependant, comme "Thank you for smoking" reste largement sur le ton de la comédie, cela atténue pas mal la charge portée à l'encontre de tous ces lobbys et autres menteurs professionnels. On se dit parfois que le même film en plus acide et sérieux aurait aussi très bien marché. Parce qu'au final, les fabriquants de cigarettes, alcool ou armes sont moqués mais cela reste gentillet. De plus, le héros ira jusqu'au bout pour faire son job en faveur de son lobby avec une dernière pirouette pas franchement glorieuse. Nick Naylor ne prend finalement jamais conscience de la portée de ses paroles, même l'influence qu'elles pourraient avoir sur son propre fils qui l'admire. On aurait pu penser à une fin en forme de repentance, de remise en cause, qu'il se mette au service d'organisations plus "saines", mais non, il finit consultant en "langue de bois" ! Ok, on reste cynique jusqu'au bout mais tout de même...

En tout cas, le thème du film est tout à fait original et touche pas mal son but en abordant sans pincettes cette nouvelle ère de communication dans laquelle nous sommes entrés. Et cela ne fera que s'amplifier avec le temps, c'est certain. Alors quid de la vérité ? Elle est ailleurs, évidemment...

 
Thank you for smoking - ma note pour ce film :

Année de production : 2004
(500) days of Summer (2009)

Les comédies "pop" sont décidément à la mode outre-Atlantique. A différencier des Buddy movies qui, eux, sont gras et hilarants, celles-ci se ressemblent aussi un peu toutes mais lorgnent du côté du romantisme moderne et des références bobos.

C'est à nouveau le cas ici où le héros va chez Ikea, joue à la Wii, écoute du Carla Bruni (pas encore Sarkozy). Cela va encore plus loin dans la pop avec évidemment une B.O. pointue et une héroine dont le Beatle préféré est Ringo Starr. Pas commun, non.

Tous ces petits détails sont faits pour que le spectateur bobo lambda se reconnaisse immédiatement et se mette à la place des personnages. Parce que cette histoire d'amour est totalement de notre époque.

D'un côté, on a Tom, qui bosse dans une fabrique de cartes de voeux (très américain ça mais ça a l'air branché apparemment) à Los Angeles (qui ressemble étrangement à New York) et qui rêve du grand, de l'unique amour. Et de l'autre, il y a Summer, jeune fille du Michigan, un peu naïve, un peu nature mais complètement libérée. Enfin, dans le sens où elle ne veut surtout pas d'histoire sérieuse. Elle vient d'être embauchée dans la boîte de Tom qui tombe amoureux d'elle illico et se persuade qu'elle est la femme de sa vie. Ainsi, du 1er au 500e jour qu'ils vont passer ensemble, il va d'abord courir après elle, être bon ami avant qu'elle vienne elle-même le serrer près de la photocopieuse. Alors ça va aller plus loin, on se voit, se revoit, se balade, etc... Mais à un moment donné, Tom veut plus, enfin il veut que les deux tourtereaux se considèrent enfin comme un couple. Mais non, elle veut pas, gardant le même état d'esprit frais et carpe diem. Du coup, ils paniquent, c'est la rupture... Summer quitte son job, Tom broie du noir... et démissionne à son tour pour devenir architecte. Les deux vont finir par se retrouver et les choses ont changé mais pas dans le sens que l'on pourrait croire...

Pour son premier film, Marc Webb, propose un montage plutôt orignal où il va bousculer la chronologie avec une multiplication de scènes de flashbacks et flashforwards. Ainsi, on devine plus ou moins à chaque fois le destin de la relation de Tom et Summer, mais on a les explications ensuite, quand on revient en arrière. Le système rend les choses parfois un peu confuses parce qu'il s'exprime en nombre de jours et, rapidement, on ne sait plus trop compter. Cela permet également de transformer un film linéaire en une multitude de petites séquences drôles, émouvantes, romantiques, mélancoliques, etc. Webb n'hésite pas non plus à utiliser divers moyens originaux pour dynamiser son film : écrans splités en deux (ce que Tom aimerait/la réalité), dessin animé, comédie musicale, etc.

Le scénario est plutôt original même si donc, il reste cette impression de déjà vu parce que toutes ces références inscrivent cette oeuvre dans le registre quand même bien déterminé de la comédie "pop". Puis la fin est tout très décevante. La majeure partie du film est intéressante parce qu'au final, on ne sait pas trop comment tout cela va finir, si Tom et Summer vont finir ensemble ou pas, etc. Le destin de la brune aux grands yeux bleus surprend mais celui de Tom est malheureusement archi banal et beaucoup trop réchauffé. Dommage parce que sinon, tout le reste tient bien la route, notre couple d'acteurs, pas vraiment connus, étant très bien, les seconds rôles, dont les drôles de potes de Tom, aussi.

Ainsi, le pari est réussi pour cette bluette bobo-pop qui nous emmène de manière originale, et avec une super B.O., sur les multiples voies de l'amour avec un grand A. On rit, on prend du plaisir, on ne se prend pas la tête, bref, tout ce que l'on demande à ce genre de divertissement.

 
(500) jours ensemble - ma note pour ce film :
Réalisé par Marc Webb
Avec Joseph Gordon-Levitt, Zooey Deschanel, Clark Gregg, ...
Année de production : 2007
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