Samedi 22 octobre 2011 6 22 /10 /Oct /2011 17:40

C'est dans la magnifique salle du Grand Rex, à Paris, que j'ai eu la chance de pouvoir assister à l'avant-première du dernier documentaire de Martin Scorsese sur George Harrison. Comme ce dernier ne sortira jamais sur les écrans et n'a eu l'honneur que de quelques diffusions télévisuelles anglo-saxonnes, il s'agissait d'une vraie chance.

Pour l'occasion, un mini-concert était donné, en présence d'Olivia Harrison, son fils Dhani et le monteur du film, présenté par Philippe Manoeuvre en monsieur Loyal. Je ne vous cache pas que sa courte interview des protagonistes déjà cités avec un accent Frenchy à couper au couteau fut mémorable et que la salle n'a pu s'empêcher d'éclater de rire. Pauvres guests.

Le mini-concert fut l'occasion pour qques artistes pas bien connus de la scène française de s'adonner à la reprise de morceaux de l'ex-Beatles. Si la première chanson (bien) interprétée fut le classique "Something", les autres eurent des choix ma foi très audacieux dont "Try Some, Buy Some" (horriblement interprété), "The Inner Light' (par Alister, bof), "Long, Long, Long" (par Peter von Poehl, bof bof), "Beware of darkness" (par la seule interprète féminine, un échec) ou encore "Within you, Without you" (façon électro, au secours). Outre le premier morceau, on sauvera "Taxman" et "If I needed someone" par JP Nataf.

Place au film ensuite, en deux parties car d'une durée de 3h30 quand même. Alors, parler d'un documentaire, c'est différent d'un film, je vais pas vous raconter la vie de George Harrison, mais force est de constater qu'on assiste vraiment à un beau film, rempli d'abord d'images et de vidéos inédites. Et beaucoup de très belles, notamment les voyages de l'ex-Beatles en Inde.

Ensuite, on salue la présence de témoins splendides et ô combien importants tels que Paul McCartney, Ringo Starr, Phil Spector, Klaus Voormann, Astrid Kirchner, Tom Petty, Eric Idle, Terry Gilliam, Eric Clapton, Ray Cooper, Jim Keltner, Billy Preston, Pattie Boyd, Olivia Harrison, Dhani Harrison, Ravi Shankar, Jackie Stewart, George Martin, Yoko Ono... ou encore George Harrison himself. Bref, tous ses plus proches collaborateurs et/ou amis sont là. Manquent plus que Jeff Lynne ou encore Bob Dylan, mais celui-ci confirme son habituelle réserve.

La première partie sur les Beatles et jusqu'à la moitié des années 1970 est vraiment admirable, parce qu'elle offre d'abord un montage original. Jamais dans ce documentaire, nous ne sommes dans une chronologie plate et sans rythme. Scorsese manie habilement les documents et les anecdotes qui sont offertes à lui. L'originalité est telle que l'on a presque l'impression de redécouvrir les Beatles, sous un autre angle, différent de tout ce qui a pu être fait auparavant sur eux, et notamment dans le déjà formidable "Anthology".

En revanche, la seconde et dernière partie, après la tournée 1974, est un peu moins convaincante, car elle se résume à un enchaînement des différentes thématiques qui entourent le personnage de George Harrison. Nous ne sommes plus vraiment dans la chronologie, ce qui est quand même bien dommage, mais plus dans la succession de "George et les femmes" (qui a fait une légère polémique qui retombe vite à plat après visionnage du film), "George et la méditation", "George et le jardinage", "George et les films", "George et le sport automobile", etc.

De plus, les sept ou huit derniers albums, même mineurs, qu'il publiera entre 1974 et 2002 pour le posthume, sont tous passés sous silence ou presque, hormis le passage Traveling Wilburys. Pour le fan pur et dur que je suis, ça laisse sur sa faim, parce que cela laisse encore beaucoup de choses inexplorées. Et au final, on se rend compte que les Beatles resteront quoiqu'il arrive sa période la plus scrutée.

A la fin de ce documentaire fleuve mais beau et respectueux, on apprend tout de même pleins de choses. Derrière ce garçon calme, le "quiet one", et pieux, se cache un homme charmant, drôle et franc. Mais ce qui ressort le plus, la vérité de George Harrison, c'est autant son amour de la musique que sa croyance en une amitié durable et sincère. Merci Mr Scorsese.



Publié dans : Documentaire
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Mercredi 19 octobre 2011 3 19 /10 /Oct /2011 11:42

Il y a une première à tout. Pour Steven Spielberg, ce fut "Duel", un petit film destiné au départ uniquement à la télévision. Puis, devant le succès critique et d'audience, il eut le droit de sortir en salles un peu plus tard. On imagine que beaucoup de réalisateurs rêvent de débuter leur carrière ainsi.

L'histoire est simplissime, mais terriblement efficace. David Mann (Dennis Weaver, excellent) est un employé de commerce qui part en voyage d'affaires en voiture. Pendant son périple à travers le désert californien, il dépasse un énorme camion-citerne qui ne va alors plus le lâcher, le harcelant constamment durant des kilomètres et transformant un simple déplacement en un véritable "duel" physique (avec leur véhicule) et psychologique...

Là où Steven Spielberg fait fort, c'est qu'il établit un suspense grandissant avec peu de choses. C'est un véritable exercice de style, de mise en scène et de cadrage qui maintient une angoisse permanente dès lors que David Mann dépasse ce gros camion pour la première fois.

Ensuite, le cinéaste varie suffisamment les séquences pour qu'on ne s'ennuie pas. Entre les scènes de course-poursuite sur le bitume, on a le droit à des intermèdes correspondant aux pauses essence, déjeuner ou téléphone du malheureux David Mann qui n'auront de "pauses" que le nom. Soit le modeste employé part dans des délires paranoïaques assez compréhensibles, soit c'est son adversaire qui vient le terroriser directement (cf la scène hallucinante du téléphone).

Le génie de Spielberg est aussi dans le fait que, non seulement on ne connaît jamais les motivations du camionneur, mais surtout ni David Mann ni le spectateur ne voit jamais le visage du chauffeur routier. On aperçoit sa silhouette, ses jambes, ses chaussures (qui vont causer bien du mouron à David Mann) ou encore son bras, mais rien de plus, jusqu'au dénouement final.

On peut également louer un cadrage speed et varié, très 70's, où Spielberg utilise tous les éléments qui lui sont donnés (roues, rétroviseur, pare-chocs...) pour donner du rythme à son film. Dès ses débuts, le cinéaste nous donne donc une bien jolie leçon de cinéma, haletante et captivante. Pas un chef d'oeuvre non plus, mais presque.



Publié dans : Drame
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Samedi 15 octobre 2011 6 15 /10 /Oct /2011 18:46

C'est avec cette première aventure que le personnage d'Indiana Jones entra dans la légende des grands héros du cinéma populaire américain et même mondial. Je ne vais pas répéter ce que j'avais dit sur mon amour de cette série culte, pour cela je vous invite à consulter ma critique du dernier épisode en date, le moins bon. Si ce premier opus n'est pas le meilleur non plus, il offre tout de même un fort bon moment de divertissement.

Après avoir été dérobé d'une statuette en or sud-américaine par son concurrent français René Belloq (Paul Freeman, bien), l'archéologue américain Indiana Jones (Harrison Ford, parfait) reprend ses cours à l'université. Il est alors contacté par les services secrets américains qui s'inquiètent d'un vaste chantier archéologique mené par les Nazis en Egypte avec pour but de retrouver l'Arche d'alliance, qui accueille les Tables de la Loi de Moïse et un pouvoir extraordinaire. Indiana Jones a alors la mission de récupérer l'"Arche perdue" avant eux.

Avant de se rendre en Egypte, l'intrépide archéologue fait un crochet par le Népal où vit Marion Ravenwood (Karen Allen, très bien), son premier amour dont le père possédait un médaillon indispensable afin de situer le lieu précis où se trouve l'Arche. Les retrouvailles sont qque peu agitées, Indiana Jones n'ayant pas laissé un très bon souvenir à la jeune femme et surtout en la présence d'affreux Nazis, eux aussi sur la piste du médaillon.

L'archéologue et sa nouvelle assistante finissent par leur échapper et se rendent immédiatement au Caire où les attend Sallah, un vieil ami de Jones qui va les aider dans leur quête. Sur place, outre la découverte de l'Arche, il faudra à l'aventurier et ses amis affronter de nouveau René Belloq et les terribles Nazis...

Dès ce premier épisode, Steven Spielberg nous offre une véritable bande-dessinée sur grand écran (ou petit) et un modèle de film d'aventures. Tous les éléments sont réunis pour que l'on passe un bon moment, de 7 à 77 ans : une légende historique, des lieux exotiques, de l'action constante, des personnages charismatiques et autant d'humour que de bravoure, sans oublier une once d'amour.

Si le scénario offre tout même qques baisses de rythme nécessaires, il ne permet pas de s'ennuyer. S'appuyant sur une légende véritable, l'histoire est d'autant plus prenante et fascinante. L'action est suffisamment variée et originale (la visite du temple sud-américain en introduction est un régal), notre héros s'écharpant avec ses ennemis un peu partout et avec différents moyens de transports. Vu d'aujourd'hui, on reprochera peut-être le côté factice des bagarres (les acteurs se touchent à peine), malgré de jolies chorégraphies.

Le bonheur se complète également avec l'humour omniprésent, autant dans les dialogues que dans l'action. Et le casting principal, peu fourni, a l'air de s'amuser autant que nous, Harrison Ford en tête, prouvant définitivement qu'IL est Indiana Jones, pour toujours. Ainsi, malgré son excellence, sans doute meilleur même que celui qui suivra, cet épisode reste un poil en dessous du troisième. Mais on va pas faire la fine bouche, cela reste, 30 ans après, toujours un régal, inoxydable.



Publié dans : Aventures
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Mardi 11 octobre 2011 2 11 /10 /Oct /2011 20:18

Pauvres Al Pacino et Robert de Niro. Ils voulaient enfin partager les mêmes scènes dans un film, jouer ensemble quoi, et pas séparément ou presque comme dans "The Godfather" ou encore "Heat". Et les voilà dans un mauvais polar de Jon Avnet, déjà réalisateur du tiré par les cheveux "88 Minutes" dont on a déjà parlé ici-même.

Avant de raccrocher le badge, les inspecteurs David Fisk (Al Pacino, cabotin) et Tom Cowan (Robert de Niro, encore plus cabotin) doivent mener une dernière enquête. Des criminels libérés, acquittés ou qui n'ont jamais été condamnés sont tués les uns après les autres à New York. Dans le même temps, les deux papys flingueurs cherchent absolument à coincer Marcus Smith (50 Cent, correct), gros caïd local.

Fisk et Cowan sont aidés dans leur investigation par Karen Kleisner (Carla Gugino, pas mal), médecin légiste et petite amie du second, ainsi que par les inspecteurs Pérez et Riley. Pour l'enquête principale, les soupçons se portent rapidement sur un ancien policier, car le tueur semble connaître les victimes et être particulièrement apôtre de la vengeance personnelle. Il veut faire le ménage de tous ces vilains criminels quoi. Or Tom Cowan tient lui aussi ce profil...

L'idée de voir Pacino et De Niro jouer un duo de flics était alléchante, peu importe l'intrigue finalement, mais là, c'est le néant. Le premier joue toujours sur la même corde excitée de ces dernières années, tandis que le second cultive ses mimiques bien caractéristiques de type nerveux et bas du front (vulgaire, raciste et misogyne). Bref, toujours la même rengaine fatigante.

Le scénario se révèle lui aussi sans intérêt, surtout au vu du dénouement repérable à 10 kilomètres. Avnet tente bien de nous piéger en insérant de manière désordonnée des morceaux de vidéo dans lesquels Cowan avoue les crimes qui ont lieu, comment tomber dans le panneau avec une telle corde énorme ?

Sans oublier cette atmosphère crasse dans laquelle le film nous plonge, où l'apologie de la vengeance personnelle (à l'image du titre) n'est jamais loin, parce que la justice ne fait évidemment pas son travail... On espère qu'une nouvelle chance sera donnée à ces monstres sacrés parce que là, c'est sacrément raté.



Publié dans : Policier
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Lundi 10 octobre 2011 1 10 /10 /Oct /2011 20:51

Voilà un film dont la bande-annonce est un piège à ce qu'il paraît. Mais je crois bien que c'est vrai. Les seules et rares scènes d'action du film y seraient présentes, d'où légère tromperie sur la marchandise. Car oui, il y a bien des tueurs à gage et des fusillades dans "The Americain", mais elles se comptent bien sur les doigts d'une main. Le reste, c'est de la contemplation ou presque.

 L'histoire suit la lente épopée de Jack (George Clooney, grave et mutique, ça lui va bien), tueur à gage, qui veut se retirer du métier. Planqué au fin fond de la Suède, des ennemis viennent l'y déloger. Il a beau les tuer, il est obligé de faire aussi passer sa petite amie à la casserole, elle en sait trop. Il s'enfuit alors en Italie, dans la région reculée des Abruzzes, où il se fait passer pour un photographe.

Là, son chef, Pavel, lui demande de s'affranchir d'un dernier contrat : fabriquer un fusil sniper pour Mathilde, une autre tueuse. Jack s’exécute tout en découvrant les charmes de la campagne italienne et notamment de ses jeunes femmes, dont Clara (Violante Placido, magnifique), une prostituée dont il tombe amoureux. Et réciproquement. Mais la dernière mission va s'avérer plus compliquée que prévue...

Anton Corbijn, le réalisateur de "The Americain", est photographe et ça se voit. Le plus marquant ici, plus que le scénario, c'est du coup bien plus l'esthétique et la photographie du film. Les Abruzzes et ses petits villages perchés sont sublimés, de jour comme de nuit, par le Néerlandais.

Après, on peut se pencher sur un scénario intéressant, simple, mais qui ne décolle malheureusement jamais. Anton Corbijn a beau mettre en scène son tueur dans une situation de stress permanent, sa lente et très longue fabrication d'un fusil sniper nous entraîne rapidement dans l'ennui le plus profond.

Dommage parce qu'il y avait de beaux atouts, notamment au casting, avec un George Clooney toujours séducteur mais beaucoup moins bavard, dont l'amourette italienne est tout à fait charmante. Même le dénouement est plus ou moins attendu, mais profondément romantique.

Donc on sort de "The American" avec un sentiment mitigé, c'est beau, c'est bien fait, mais ça reste trop faible dans le rythme pour nous faire vibrer. On ne sait trop quoi en penser sinon avec l'envie de dire, dommage, il manque un truc.



Publié dans : Action
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